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VIOL – Une bonne histoire !

Avoir la bonne histoire pour raconter son traumatisme

Les violences sexuelles restent un fléau mondial dont la plus grande majorité semble se désintéresser. Comment réussir à donner corps à l’innommable ? N’oublions pas que nous vivions dans ce contexte. Notre instinct de survie nous pousse à minimiser le pire.

Comment vivre et rendre acceptable qu’1 femme sur 4 et 1 homme sur 6 sont victimes de violences sexuelles dans notre société dite informée et civilisée.

On fait donc « comme si » ça n’existait pas vraiment. On ferme les yeux ! On se bouche les oreilles ! On garde le silence !

Les mots et la manière de s’exprimer sont tout ce qui reste à la victime pour partager sa douleur.

Pour qui devrait-elle mettre les formes ?

Y aurait-il une bonne manière, un bon moment pour lâcher la bombe qui se fragmente à l’intérieur. Sortir du silence pour ne pas mourir !

Ce serait quoi avoir la bonne HISTOIRE

  • Celle qui va émouvoir sans choquer
  • Celle qui va être audible pour l’interlocuteur
  • Celle qui va lui permettre d’être crédible

Lui demander de tronquer son récit, l’amoindrir ou le rendre plus explicite sert l’histoire de qui ?

Raconter ses sévices, semble surréaliste

L’effraction de l’intime

    1. L’invraisemblable : impossible de cristalliser des informations et un ressenti exacts.
    2. La mémoire psychique : minimiser les faits pour alléger l’atrocité.
    3. La méconnaissance du sujet : inconscience de l’ampleur de l’acte
    4. le clivage, ce qui a été fait à mon corps, n’est pas moi les victimes parlent de flotter au-dessus de la scène. Elles réintègrent leur corps meurtri dans un état second, anesthésié

Imaginez vivre un tel attentat et réussir à lire l’histoire comme si elle avait été écrite et préservée mots pour maux. ????

Comment avoir les mots pour décrire les faits ?

La peur, la honte et la culpabilité scellent l’omerta.

C’est l’autre, l’auteur, le proche, le mal vaillant qui va prendre les rennes et réécrire l’histoire, corriger les faits et occulter ce qui dérange. Le narrateur n’est plus la victime !

Le bon profil.

Pas assez fracassé de l’extérieur pour jouer le rôle de victime.

Une personne dira « je sais moi à quoi ressemble une victime et toi tu lui ressembles pas. Tu ne sembles pas aller si mal enfin quoi tu ne vas pas me faire croire à de tels boniments. Ton agresseur, tout le monde le connaît ! Il ne ferait pas de mal à une mouche. Tu ne cherches qu’à attirer l’attention sur toi, c’est quoi ton problème»

Raconter son histoire….à sa famille

Quand c’est possible, puisque 85% des violences sexuelles sont intra familiale, difficile de se plaindre à l’auteur ou un l’un des membres (peut être complice).

La victime pense toujours à tort que de telles violences arrivent aux personnes qui l’ont cherché. Aux personnes qui ne sont pas dignes (Idée fausse à laquelle beaucoup se raccrochent)

Quelque soit ses mots, les dommages collatéraux seront lourds à porter. Le parent non impliqué va se sentir coupable  qu’est-ce que j’ai mal fait, quand est-ce arrivé, pourquoi je n’ai rien vu, c’est de ma faute…. »

Charge supplémentaire.

Certaines préfèrent minimiser puis oublier pour avancer. Elles portent leur croix, elles sont salies, elles ne méritent pas d’être sauvées.

Bonne ou mauvaise histoire, elle n’aura été contée qu’une fois !

L’histoire pour la justice

Amener son cortège de preuves : avoir un certificat médial, des témoins de moralité, du sperme des photos, répéter les faits pour être crédible !

Le doute persiste, le témoignage de la victime est-il recevable ? Est-elle encore dans les délais de prescription? Ne pourrait-on pas le reclasser en délit ? Histoire de minimiser l’ampleur de l’acte sous prétexte fallacieux d’encombrement des tribunaux.

Pendant ce temps, l’auteur n’est pas inquiété. Il bénéficie de la présomption d’innocence ???

> La victime, invitée au procès de l’auteur de ses violences.

Déception ! Ne sont jugés que les manquements de la société qui l’on amené à commettre de tels actes et non les atrocités.

Le non-lieu ou une peine minime ………qui peut, ne pas être exécutée par manque de place. ????

Fallait-il raconter son histoire ?

L’histoire pour le thérapeute

Croire la véracité des propos de son patient surtout si la victime et l’auteur étaient mineurs au moment des faits question que se pose souvent le thérapeute

Une histoire amusante à échanger entre collègues Toute une histoire pour si peu ! « ce n’était que du touche pipi. Je peine à croire ce qu’elle me raconte son discours est incohérent. Je m’interroge pourquoi maintenant qu’est ce que cela raconte de son histoire ??? »

Quand on sait la honte et la culpabilité que porte une victime, pouvoir réussir à verbaliser ce qui lui est arrivé, arriver à cette étape est un pas majeur. Trouver la personne (de confiance) avec qui déplier son histoire, peut-être pour la première fois,  n’est toujours pas simple.

S’entendre le dire et tout devient réel !

  • C’est mieux si elle reçoit une main tendue, un regard protecteur !

Pas d’histoire pour le conjoint

« Il ne me croirait pas de toute manière, cela ne ferait qu’entraver notre couple. Je ne veux pas lire la pitié dans ses yeux ». Pas d’intimité, « j’attends que le moment passe ou je l’évite ».

Écouter le témoignage d’une victime, c’est entendre son cri pour revenir à la vie !

Merci aux victimes d’avoir ce courage ainsi qu’aux associations qui permettent de déposer leurs témoignages

Voici un lien pour vous ceux qui n’arrivent pas encore à pousser la porte du thérapeute.

https://www.facebook.com/jesuisindestructible

Je suis à votre écoute Mylhena !

image de couv photo campaigne contre les violences sexuelles 2015 – against abuse Inc.

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